8 mars- Péripéties de nomination de la 1ère femme générale de l’armée guinéenne… (Aladji Cellou)

8 mars- Quand j’ai été nommé conseiller au ministère de la Défense en 2016 et ai assisté à ma première réunion de cabinet, j’avoue avoir été attristé. Par un constat.

À l’issue de cette réunion, je suis allé voir en tête-à-tête le ministre, pour lui dire que quelque chose ne tourne pas rond. Étonné, il me demande des précisions.
M. le ministre, lui dis-je, nous n’étions que des barbus au tour de la table. Aucune femme. Ce n’est pas normal. Faites en sorte de changer cette situation, que je trouve inique.
OK, prospecte et fais-moi des propositions, me répond-il, touché. Je vais aviser, précise-t-il, dans sa prudence légendaire.
Puis vint le moment de confectionner l’agenda du Ministère pour l’année 2017. Un autre crève-cœur. Tous les postes à illustrer par des images, sont occupés par des hommes. Je suis mal à l’aise.
Difficultés? Je venais d’arriver. Je ne connaissais pas les femmes militaires et leurs différents parcours. Je décide de m’informer auprès des anciens. Aussitôt, trois profils sortent du lot. Je transmets automatiquement les noms au ministre, quitte à lui d’agir. Je pensais avoir fait le job le plus difficile. Que nenni! Des semaines et des mois durant, je cours (auprès du ministre) après des décisions pouvant permettre à ces femmes d’être mises au premier plan, pas seulement parce qu’elles sont des femmes, mais au regard de leurs formations militaires et académiques et surtout à cause de leur dévouement à servir courageusement sous les drapeaux.
À force de « persuasion », parfois de « harcèlement », l’une d’elles sortie de l’ombre (le ministre accepta de me donner la primeur d’annoncer la bonne nouvelle à l’intéressée) mais pas de l’auberge, pour un premier temps. L’application de son décret se heurta à tant de « contingences » et d’obstacles (surmontables mais qui se révélaient chaque jour complexes) que je me suis senti au fil du temps, coupable de l’avoir mise involontairement au… garage. Oubliée de nouveau, avec un titre sans contenu. Je refuse pour autant de lâcher prise. Une occasion se présenta. Une idée géniale jaillit, prit forme de façon « générale » avec l’assentiment général et se concretisa la veille du 8 mars. Très tôt le matin, je prends l’initiative de préparer une brève note biographique que le président devait exploiter pour la présentation de l’heureuse élue, devant la foule massée sur l’esplanade du Palais du peuple (…).
Les belles histoires sont plus belles à raconter lorsque l’histoire se répète dans les mêmes circonstances joyeuses.
Pourquoi pas cette année? La matière existe. Quelqu’un doit juste accepter de jouer le rôle que fût le mien et la magie du #8mars s’opère de façon émouvante en rendant hommage au courage de la femme! De cette femme! De la Guinéenne. Dans la dignité.

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