Assainissement : une activité citoyenne dont le bien-fondé se justifie pleinement, au regard de ce qui prévaut dans nos cités

Vendredi, dans la soirée, un communiqué du Ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation a dédié la journée du samedi 18 mai 2024, à l’assainissement des villes, sur toute l’étendue du territoire national. Cette disposition a été prise en connivence avec les départements des Infrastructures et des travaux publics et de l’urbanisme, l’habitat et l’aménagement du territoire chargé de la récupération des domaines spoliés de l’Etat. L’objectif visé  est « qu’en marche vers la saison des grandes pluies, il est impératif d’assainir notre environnement et d’adopter des comportements responsables pour préserver la santé de tous. » C’est dans ce cadre que les autorités ont invité « à la mobilisation citoyenne, de 8h 15 à 12h 30 et à la sensibilisation en faveur de l’assainissement, du curage des caniveaux et du débouchage des exutoires.»

Le communiqué a averti également que « la circulation sera fermée pour tous les engins roulants, à l’exception des ambulances, des véhicules des forces  de défense et de sécurité et ceux impliqués dans ce processus, sur la période susmentionnée. » De même, il rappelle que « le gouvernement attache du prix à l’application correcte de ces instructions que les présidents des délégations spéciales, les chefs de quartier, les présidents de districts et les chefs de secteurs, ont charge de mettre en oeuvre, à travers une forte mobilisation des populations, pour un dégagement systématique des immondices qui envahissent les voies de passage des eaux pluviales. « 

L’on se souvient que, peu avant, le général Mamadi Doumbouya, en personne, s’était prononcé sur le sujet. Il a rappelé, à l’occasion, la nécessité de procéder au nettoyage des ordures qui envahissent la ville, avant la saison des pluies. Tel un langage prémonitoire, la pertinence et la justesse de cet appel, n’ont pas mis longtemps à se matérialiser. En effet, dès les premières pluies tombées à Conakry, on a assisté à de grandes perturbations. En dehors des cas de rues inondées ici et là, des ordures répandues sur la chaussée, on a relevé aussi, de gros dégâts matériels, dans de nombreux quartiers, tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays.

 

On comprend bien alors, le bien fondé de la mise en route de cette opération d’assainissement.  En dehors de celles qui avaient lieu auparavant, les derniers samedis de chaque mois, celle du 18 mai, s’est tenue à titre exceptionnel, pour conjurer les dégâts susceptibles de se produire pendant la saison des pluies. D’où le caractère très spécial qui lui a été conféré.

Pour garantir le succès de l’évènement, les autorités ont pris soin de répartir les départements ministériels et certains services, entre les  différents lieux retenus pour être assainis. Pour chacun d’eux, des  points focaux ont été désignés, pour assurer la coordination, 

Les avis recueillis de part et d’autre, indiquent que l’opération s’est bien passée, dans l’ensemble. On relève cependant, quelques manquements qui ont empêché la pleine atteinte des objectifs fixés. C’est le cas, notamment, de la diffusion tardive du communiqué annonçant l’opération d’assainissement. A cela s’ajoute la rareté des véhicules chargés de ramasser les ordures collectées.

Pour lutter plus efficacement contre l’accumulation des ordures, régulièrement observée dans les rues de nos villes, des actions en amont doivent être menées. On enseigne que « nettoyer est bien, mais ne pas salir est meilleur.» Il faut donc éduquer, informer et sensibiliser les citoyens pour que ceux qui salissent les rues sachent que les ordures qu’ils jettent ont des effets négatifs multiples. Non seulement,  ils polluent l’environnement, surtout en saison des pluies ; ils détruisent les infrastructures; provoquent des accidents, mais aussi, propagent des maladies hydriques.

Ces aspects ont servi d »axes d’intervention pour l’équipe de l’agence guinéenne de la sécurité routière (l’AGUISER), déployée sur le terrain, à Kagbelen pour l’assainissement. Sous la conduite de sa Direction Générale, elle a mis l’occasion à profit, pour sensibiliser les usagers, sur les risques liés au dépôt d’ordures sur la route ou dans les caniveaux, la nécessité de protéger le réseau routier, de respecter le code de la route et d’autres conseils liés à la sécurité routière. Une série de comportements à adopter, par chacun,  pour éviter les accidents.

Parallèlement aussi, on doit instituer des sanctions pour punir tous ceux qui  salissent autour d’eux et valoriser les citoyens modèles qui sont reconnus pour leur propreté exemplaire.