Chute de la production bananière à Lola : recours à la Côte d’Ivoire pour pallier la crise

La préfecture de Lola est traditionnellement une véritable zone d’exportation de bananes vers les autres régions de la Guinée. Avec 3360 tonnes de bananes plantains exportées par an, soit 240 tonnes par mois et 70 tonnes par semaine. Cependant, cette production a chuté ces derniers temps. Pour combler le vide, les commerçants se tournent désormais vers la Côte d’Ivoire.

Pour obtenir davantage d’informations sur cette activité lucrative, votre site en ligne Guineenews s’est rendu à la gare de Siguiri, située à Gotekoly, dans la commune urbaine de Lola. Là-bas, nous avons pris contact avec Senan Gömou, un planteur établi à Lola. Selon lui, « la culture de la banane plantain est un moyen rapide de réduire la pauvreté dans un milieu. Il y a deux ans, j’ai commencé la plantation de bananes, maintenant je récolte toute l’année. Bien que je n’aie pas d’expérience, j’apprécie l’aide des experts qui m’ont montré les méthodes de culture de la banane, qui protège également les plants de cacao. Aujourd’hui, je possède une plantation de bananes plantains et une plantation de cacao. J’encourage les Guinéens à faire de la culture de la banane plantain un véritable succès pour réduire la pauvreté.’’

Notre interlocuteur reconnaît qu’une partie des bananes commercialisées à Lola, provient de la Côte d’Ivoire. Même si l’arrivée de populations étrangères de la Côte d’Ivoire, notamment les Lobi, Mossi, Baoulé et Sénoufo, qui sont de grands producteurs de bananes et de cacao, a modifié la situation dans la filière.

Louis Honoré Haba, commerçant de bananes depuis 12 ans, abonde dans le même sens : « cela fait longtemps que nous avons constaté la baisse de la production de bananes dans la préfecture de Lola, en raison de l’élevage. La plupart des plantations de bananes sont détruites par les bovins. Actuellement, nous devons chercher des bananes dans les zones frontalières de la Côte d’Ivoire. Nous achetons un peu sur le territoire guinéen et aussi en Côte d’Ivoire. Chaque semaine, nous nous rendons en Côte d’Ivoire pour acheter des bananes plantains. Le deuxième problème est lié aux routes, car partout où il y a des plantations de bananes, ces zones sont enclavées. Exporter des bananes plantains vers la région de la Haute Guinée est un casse-tête, surtout sur l’axe Beyla-Kérouane au niveau de Kounsankoro, où nos camions peuvent rester bloqués deux semaines dans la boue. La banane est un produit périssable. Si quelqu’un vous dit que nous ne produisons pas de bananes comme les Ivoiriens, ce n’est pas vrai. À Kassieta, Dagbessou, Gbecke Nana, ils cultivent beaucoup là-bas dans la sous-préfecture de Gueasso et Tounkarata et Lainé. Cependant, ce sont les animaux qui détruisent les plantations. C’est la principale cause de la chute de la production, sinon avant, il y avait une grande production de bananes dans la préfecture de Lola.’’

En parlant de la différence entre les variétés de bananes plantains ivoiriennes et guinéennes, notre interlocuteur affirme : « les bananes produites en Guinée ne sont pas grandes. Cette variété s’appelle ‘Agnènin’, qui est très courante ici. Le fruit n’est pas gros, mais il est très doux. La banane plantain ivoirienne est appelée ‘Gbagba’. Le fruit est très gros, provient de la Côte d’Ivoire et est très prisé sur le marché guinéen. Il est plus gros que la banane plantain guinéenne. Personnellement, j’envoie 30 tonnes par semaine vers Siguiri. D’autres envoient vers Kankan et Conakry. Pendant la saison sèche, la banane plantain donne beaucoup, contrairement à la saison pluvieuse, où la production est plus faible. Nous chargeons chaque semaine 4 à 5 camions de 18 tonnes.’’

Mohamed Kourouma, le chef de gare, invite, quant à lui, les éleveurs à bien garder leurs animaux : « s’il y a suffisamment de bananes ici à Lola, la souffrance que nous endurons, diminuera. Les dépenses que nous faisons pour acheminer les bananes à Lola sont trop importantes. Nous sommes obligés d’aller chercher des bananes plantains ivoiriennes, le ‘Gbagba’, pour mélanger avec l’Agnènin. Ici, le prix d’un kilogramme de ‘Gbagba’ est de 3000 francs guinéens, et celui de l’Agnènin est de 2500 francs guinéens. L’Agnènin est plus doux que le ‘Gbagba’, mais le ‘Gbagba’ est plus gros que l’Agnènin. Nous demandons au gouvernement d’aider les producteurs de bananes plantains afin d’éviter une hausse des prix sur le marché local.’’