CRIEF : Aly Touré explique pourquoi le parquet a fait une réquisition à décharge dans l’affaire Remy Lamah

Après des semaines d’audiences et de débats devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), l’affaire opposant la société SOGUIMAP SARL et le Général Rémy Lamah, ancien ministre de la santé, à l’État guinéen représenté par l’agent judiciaire de l’État et la société chinoise ZMC, se rapproche enfin de son dénouement. Alors que les plaidoiries et réquisitions ont eu lieu le 13 juillet 2023, les regards sont désormais tournés vers la décision qui sera rendue en début de semaine prochaine.

Au terme de cette audience cruciale, le Procureur près la CRIEF, Moustapha Mariama Diallo, a surpris l’assistance en demandant l’acquittement pur et simple du Général Rémy Lamah et de la société SOGUIMAP SARL pour faute de preuves.

Dans une déclaration suite aux réquisitions du Procureur spécial, le procureur Aly Touré a insisté sur le rôle du parquet dans cette affaire et sur l’importance de présenter des charges fondées devant la cour. Il a affirmé que s’il apparait que les poursuites engagées ne reposent sur aucune preuve tangible, il n’hésitera pas à demander la libération des prévenus : « Si l’évolution des choses montre que les poursuites que nous engageons ne sont pas fondées, on n’a aucune gêne à le déclarer devant le tribunal. Donc, sur la question de sa libération, je ne saurais quoi vous dire. Je ne suis pas juge, je ne prends pas de décision de relaxe, je suis un procureur, je ne fais que soumettre mes réquisitions à la cour et c’est à elle de décider ».

La déclaration d’Aly Touré laisse entrevoir la possibilité d’un acquittement pour Rémy Lamah et la société SOGUIMAP SARL, mais souligne également que la décision finale appartient à la cour de jugement. En tant que procureur, il a pour rôle de soumettre ses réquisitions en se basant sur les éléments de preuve disponibles et de laisser aux juges la tâche délicate de trancher dans cette affaire complexe.

Il est important de rappeler que cette affaire a attiré une grande attention médiatique en Guinée, notamment en raison du statut de l’accusé, le Général Rémy Lamah, qui fut un ancien ministre de la santé. La société chinoise ZMC est également impliquée dans cette affaire, ce qui ajoute une dimension internationale aux enjeux judiciaires.

La décision qui sera rendue en début de semaine prochaine sera donc attendue avec une grande impatience par tous les acteurs impliqués. Elle permettra de savoir si les prévenus, dont le Général Rémy Lamah et la société SOGUIMAP SARL, seront blanchis des charges qui pèsent contre eux.