Transition: Attention, un loup dans la bergerie !(L’édito)

En sortant de son chapeau, par une opération du saint esprit, Bah Oury pour le parachuter Premier ministre, car l’homme n’a aucun passé connu dans l’administration publique ni expérience gouvernementale éprouvée, le Général Mamadi Doumbouya était certain d’avoir fait le bon choix, si non le meilleur. Il voyait en cet homme qui a tout abandonné pour une carrière politique jusqu’à sa nomination récente à de hautes fonctions, au point mort, un partenaire précieux voire un bouclier, à toute épreuve. Hélas, les mythes ne survivent jamais à la réalité.
On est passé de l’ombre à la lumière avec quelqu’un qui s’est rêvé grand mais est resté toujours cantonné à de seconds rôles avant de se retrouver par le miracle du décret à la tête d’un gouvernement, heureusement, de transition, c’est-à-dire, sans exigences particulières ni conditions de recrutement drastiques. Ce qui n’a pas été possible du reste dans les élections et en temps normal a été quelque peu rattrapé par le Général Mamadi Doumbouya, à savoir compter un tant soit peu dans le pays, même lorsqu’on vient de nulle part et ne représente rien. Voilà pourquoi, les régimes d’exception font peur , ne durent pas longtemps et la plupart du temps finissent mal. Bref, l’espoir du Président de la transition de sortir la transition de l’ornière avec sa nouvelle recrue a été partagé par une frange de l’opinion qui a choisi de réserver son jugement pour la suite. Chacun a préféré donner sa chance au nouveau promu. Mal en a pris chacun. Comme souvent, dans l’espace public, beaucoup se font davantage remarquer par leus déclarations lenifiantes qu’ils ne brillent par leurs actes et leus attitudes, une fois, appelés aux affaires. Le Guinéen, né crédule, se laisse si facilement avoir par les démagogues et les marchands d’illusions. La bonne nouvelle est que désormais il sera difficile d’embarquer les Guinéens dans l’aventurisme, de leur demander de suivre le premier venu. Une personne avertie…
En attendant, on pleure le gâchis de tant d’espoirs déçus avec tant de personnes bien notées et côtées par la clameur populaire. A peine nommé Premier ministre que Bah Oury est déjà récusé de toutes parts, contesté, conspué de tous les côtés : une fin avant la lettre. La solution possible pour le CNRD est devenue le problème insoluble du pays.
C’est comme si Bah Oury s’était donné la mission singulière de faire tomber dans l’urgence l’ogre CNRD et de renverser son régime supposément invulnérable, en s’employant de tout son génie à l’isoler de tous, à le rendre chaque jour plus impopulaire. Ses propos et prises de position sonnent comme une défiance ouverte contre les partenaires politiques et les acteurs de la société civile. Il a réussi, en peu de temps, un record impressionnant, à battre le rappel de toutes les troupes de divers horizons afin d’affronter le pouvoir CNRD. Il souffle sur les braises, alimente les tensions, bref prépare une révolte populaire dans le mépris de tous et l’insouciance totale. Les prémisses sont là !
Bah Oury a déclenché le compte à rebours d’une fin de régne annoncée dont il sera le principal artisan, le CNRD, la victime historique. En courant à sa perte personnelle, il précipite la chute de son mentor. Les forces vives opposées au CNRD et à son Président devraient remercier Bah Oury qui, peut-être malgré lui, est leur allié et de toute évidence a choisi comme d’autres avant lui mais avec moins d’intelligence et d’efficacité de scier la branche sur laquelle est assis le Général Mamadi Doumbouya, plutôt que d’être pour lui un rempart sûr contre les risques et épreuves d’une transition qui s’est tirée une balle dans le pied en cohabitant avec un Premier ministre incendiaire, en s’entourant d’hommes de paille, décidés à brûler le pays pour maintenir des positions immeritées et illégitimes.
Chateaubriand avait prévenu : “L’ambition dont on n’a pas les talents est un crime”. La transition souffre, dangereusement, d’avoir rassemblé tous les ambitieux sans talents ni la moindre aptitude à gouverner que compte le pays qui ont attendu longtemps d’avoir droit de cité et maintenant qu’ils y sont arrivés, ne veulent plus partir, n’ayant aucune chance de revenir dans une situation normale et de saine émulation.
Il faut vite libérer notre transition prise en otage et sauver sans attendre notre soldat qui marche sur des mines. En cela, le temps est devenu notre pire ennemi.

Bon dimanche à tous.

L’édito du dimanche/ la rédaction lerevelateur224.com

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