Interdiction des sachets plastiques : « On sera obligé peut-être d’augmenter le prix », prévient l’UPEMGUI

À l’approche de l’entrée en vigueur de l’interdiction des sachets plastiques, prévue le 20 septembre prochain, les producteurs d’eaux minérales de Guinée se préparent à tourner la page des emballages en sachet. Une situation qui pourrait, selon l’Union des Producteurs d’Eaux Minérales de Guinée (UPEMGUI), entraîner une pression sur l’offre et, par conséquent, une éventuelle hausse du prix de l’eau en bouteille.

Le président de l’UPEMGUI, Souleymane Fofana, assure qu’il ne s’agit pas pour les producteurs de s’opposer à la mesure. Il précise toutefois que les conséquences sur le marché restent difficiles à prévoir.

« Pour le moment, à partir du 20, nous ne mettons pas une croix rouge sur les sachets, mais nous voulons les mettre à côté. Et ce que ces deux options dans chaque unité de production peuvent continuer avec des sinpas, c’est-à-dire les bouteilles. Pour le moment, il n’y a aucune décision qui parle de ça, des bouteilles. La décision et/ou le décret du président de la République est basé sur les sachets. Donc une usine qui a les deux peut toujours continuer à produire les sinpas ou bien les bouteilles. »

Selon le président de l’UPEMGUI, la concentration de la demande sur les bouteilles pourrait provoquer une augmentation du coût des matières premières utilisées dans leur fabrication.

« Dans tout le monde entier, nous avons une formule qui joue toujours sa position : la rareté fait la valeur. Si nous n’avons pas aujourd’hui de sachets sur le marché, et que nos fournisseurs qui nous donnent ces matières premières pour les bouteilles font une augmentation parce que tout le monde va converger vers ces bouteilles, on sera obligé peut-être d’augmenter le prix. Cela ne dépendra pas de notre volonté, mais ce sera le marché qui va juger, qui va faire sa loi. »

Une situation qui pourrait, à terme, augmenter considérablement l’écart de prix entre les deux types de conditionnement.

« Même comparer les prix entre les sachets et les bouteilles, le prix sera à ras de bord, ce qui est clair. Donc tout le monde aura la possibilité d’aménager son foyer pour les bouteilles. Donc, ce qui est clair, ceux qui ont les usines en bouteilles et tout en sinpa, nous ne sommes pas sûrs, moi je ne confirme pas, qu’ils seront en mesure de satisfaire les besoins de la population. »

Pour sa part, le premier vice-président de l’UPEMGUI, Moussa Sidibé, affirme que les acteurs du secteur ont été sensibilisés sur l’entrée en vigueur de la mesure et sur les conséquences liées à son non-respect.

« Ils ont déjà distribué au niveau de toutes les unités, sur toute l’étendue du territoire. La police, il y a certains même qui ont commencé à arrêter les gens. C’est pour vous dire qu’ils sont prêts déjà à agir. Toute personne qui se hasarde va payer les frais. Nous, ce que nous pouvons, c’est interpeller les uns et les autres à appliquer parce que nous, nous connaissons le danger de ne pas appliquer, de ne pas respecter un décret. C’est la parole du chef de l’État, elle doit être respectée. »

Moussa Sidibé appelle ainsi les producteurs à se conformer à la décision des autorités.

« Nous interpellons une fois de plus nos membres à respecter [la mesure]. Ceux qui vont tenter maintenant de faire autrement trouveront les forces de l’ordre sur leur chemin. »

L’UPEMGUI indique également avoir engagé des démarches avec les fabricants de sachets plastiques.

« Les unités qui fabriquent les plastiques, parce que ce n’est pas que nous seulement qui sommes concernés, c’est tout ce qui est plastique qui est concerné. À travers la Chambre de commerce, nous avons pu réunir la majeure partie des unités qui évoluent dans la fabrication des sachets plastiques. »

Des mémorandums auraient ensuite été transmis aux autorités afin de faire remonter les préoccupations des différents acteurs.

« C’est à partir de là que nous avons fait des mémos. Les fabricants, d’un côté, ont fait leur mémo ; nous qui sommes les producteurs, de l’autre côté, nous avons fait un autre mémo que nous avons adressé aux autorités. Est-ce que vous voyez ? Donc la démarche a été bel et bien menée, mais comme les réponses tardent à venir et que le temps approche, nous, notre devoir est de sensibiliser nos membres. »

À quelques jours de l’échéance, l’organisation entend donc privilégier la sensibilisation et la préparation de ses membres.

« Notre devoir est de sensibiliser nos membres pour les préparer, pour leur dire de respecter strictement le décret. Après la date ultime, les démarches vont toujours continuer. »

À l’issue de cette conférence de presse tenue le vendredi 4 septembre, force est de constater que, si aucune hausse des prix n’est officiellement annoncée à ce stade, l’UPEMGUI prévient toutefois que la forte demande attendue sur les bouteilles, conjuguée à une éventuelle augmentation du coût des matières premières, pourrait avoir des conséquences sur les prix pratiqués sur le marché.

Mayi Cissé