Le gouverneur de la région administrative de Kankan, le colonel Aly Badra Camara, s’est rendu à Kalaflila, dans la sous-préfecture de Boula, pour tenter d’apaiser les tensions liées au retour des habitants de Bolosso, réfugiés en Côte d’Ivoire depuis plusieurs mois à la suite d’un conflit communautaire.
Accompagné d’une délégation composée d’autorités administratives, militaires et sécuritaires, le gouverneur a passé la nuit dans la zone. La mission s’est poursuivie par des rencontres avec les autorités locales, les sages, les jeunes et les populations des villages concernés.
Face aux habitants, le chef de l’exécutif régional a appelé au calme et au respect de la paix: « Ma présence dans cette localité, c’est d’abord pour faire passer le message de paix. Dire à nos citoyens qu’après les élections, personne n’a le droit de recourir à la violence. Personne ne doit troubler la quiétude dans la cité », a déclaré le colonel Aly Badra Camara.
Le gouverneur a également dénoncé les informations qu’il estime susceptibles d’alimenter les tensions: « Il y a toujours certains qui tentent de ternir l’image de nos localités en faisant croire que rien ne va, alors que tout se passe bien dans les circonscriptions », a-t-il affirmé, invitant les populations à ne pas céder aux rumeurs.
S’adressant aux forces de défense et de sécurité déployées dans cette zone frontalière, le gouverneur a rappelé leur mission de protection des populations et de sécurisation des frontières: « Kalaflila est une localité frontalière. La mission des forces de défense et de sécurité est la sauvegarde de l’intégrité territoriale. Elles sont là pour empêcher tout comportement susceptible de troubler l’ordre public et garantir la sécurité des citoyens », a-t-il expliqué.
Il a assuré que le dispositif sécuritaire resterait maintenu afin de prévenir tout nouvel incident.
Au cœur de son message figure également le retour des habitants de Bolosso, qui constitue le principal sujet de crispation entre les deux communautés: « On ne peut pas dire à un fils qu’il n’a pas le droit de revenir dans son milieu. Les citoyens de Bolosso ont le droit de revenir chez eux. C’est un droit qu’il faut respecter », a insisté le gouverneur.
Selon lui, ce retour doit s’effectuer dans un climat de dialogue, de sérénité et de respect mutuel afin d’éviter une reprise des violences qui avaient poussé plusieurs familles à se réfugier en Côte d’Ivoire.
Au-delà de Kalafirila et de Bolosso, la délégation a poursuivi sa tournée dans plusieurs villages voisins, où elle a échangé avec les autorités locales et les populations sur les conditions d’un retour durable à la paix.
Le gouverneur affirme par ailleurs avoir relayé aux forces de défense et de sécurité les instructions du président de la République, portant à la fois sur le renforcement de la sécurité et le respect des droits des citoyens: « Les citoyens sont libres de circuler, mais nous devons également sécuriser nos frontières et lutter contre la criminalité. Nous ne sommes pas ici pour faire du tourisme. Nous sommes ici pour accomplir notre mission de soldats et de républicains », a-t-il conclu.
Cette mission intervient dans un contexte marqué par la reprise progressive des habitants de Bolosso dans leur village, après plusieurs mois d’exil, alors que les autorités poursuivent leurs efforts pour prévenir toute résurgence des tensions entre les deux communautés.
Karifa Kansan Doumbouya correspondant régional